La décision est prise avec vous après le bilan. Les alternatives, les bénéfices attendus, les risques et le programme de récupération sont expliqués avant l’intervention.
Ligamentoplastie du LCA
La ligamentoplastie reconstruit le ligament croisé antérieur à l’aide d’un greffon tendineux. Elle vise à limiter les dérobements d’un genou instable. L’indication tient compte de vos activités, de l’instabilité et des lésions associées ; une rupture n’impose pas systématiquement une opération.
Le geste est habituellement réalisé sous arthroscopie. Le greffon est fixé dans des tunnels osseux ; le choix du tendon et de la fixation est expliqué en consultation. La rééducation prépare puis accompagne la récupération. La reprise des sports de pivot dépend de critères fonctionnels et de la maturation du greffon, pas seulement d’une date. Une raideur ou une nouvelle rupture restent possibles.
Ligamentoplastie du LCP
La reconstruction du ligament croisé postérieur utilise un greffon tendineux pour contrôler le déplacement du tibia vers l’arrière. Elle peut être discutée devant une instabilité symptomatique persistante ou une atteinte de plusieurs ligaments. Certaines lésions isolées peuvent être traitées sans opération.
Le bilan recherche les lésions ligamentaires associées et guide le geste. L’orthèse, l’appui et la rééducation suivent un protocole spécifique au LCP, afin de protéger la reconstruction. La récupération est progressive ; douleur ou laxité résiduelle peuvent persister.
Méniscectomie partielle
La méniscectomie consiste à retirer une portion méniscale lésée, en conservant le maximum de tissu fonctionnel. Elle peut être proposée lorsqu’un fragment symptomatique ne peut pas être réparé. L’ablation complète du ménisque n’est pas l’objectif.
Le geste est généralement arthroscopique. Une lésion dégénérative visible à l’IRM ne suffit pas à justifier une intervention. Le résultat dépend aussi de l’état du cartilage. La perte de tissu méniscal augmente les contraintes articulaires et le risque d’arthrose à long terme.
Sutures méniscales
La suture rapproche et stabilise les berges d’une déchirure pour permettre sa cicatrisation. Elle privilégie la conservation du ménisque lorsque la localisation, la qualité du tissu et le type de lésion le permettent.
Des fils ou des dispositifs de réparation sont mis en place, le plus souvent sous arthroscopie. Les restrictions d’appui et de flexion dépendent de la réparation. La reprise sportive est progressive. La cicatrisation n’est pas garantie : une nouvelle intervention peut être nécessaire en cas d’échec.
Méniscoplastie
La méniscoplastie remodèle le ménisque en préservant sa fonction. Pour un ménisque discoïde symptomatique, elle consiste notamment à réduire la partie centrale trop large en conservant une périphérie fonctionnelle : on parle aussi de saucérisation.
Une suture peut être associée pour réparer une déchirure ou stabiliser le bord périphérique. Les consignes de récupération dépendent de ces gestes associés. Un ménisque discoïde découvert sans symptôme ne nécessite pas de méniscoplastie systématique.
Ostéotomie de correction
L’ostéotomie modifie l’axe du membre en réalisant une coupe osseuse, puis en fixant l’os dans une position corrigée. Elle vise à redistribuer les contraintes, par exemple lorsqu’un varum ou un valgum surcharge un compartiment du genou.
La planification repose sur les radiographies des membres inférieurs debout. La correction peut concerner le tibia, le fémur ou les deux, selon l’origine de la déformation. Elle peut préserver l’articulation et différer une prothèse dans certaines indications, sans le garantir. L’appui est adapté à la fixation et à la consolidation. Un retard de consolidation ou une gêne du matériel sont possibles.
Prothèse unicompartimentale du genou
La prothèse unicompartimentale, ou prothèse partielle, remplace les surfaces d’un seul compartiment atteint par l’arthrose, interne ou externe. Les autres compartiments et les structures ligamentaires fonctionnelles sont conservés.
Elle nécessite une sélection précise : localisation de l’arthrose, état des ligaments, mobilité et déformation du genou. La décision se prend après échec d’un traitement adapté et selon le handicap. L’arthrose peut évoluer dans les compartiments conservés et conduire ultérieurement à une prothèse totale.
Prothèse totale ou tricompartimentale du genou
La prothèse totale est envisagée lorsque l’atteinte et le retentissement ne permettent pas une solution partielle adaptée. Elle remplace les surfaces articulaires fémorale et tibiale ; le traitement de la surface rotulienne est décidé selon le cas. Le terme « tricompartimentale » décrit la prise en charge globale des compartiments du genou.
L’objectif est de diminuer la douleur et d’améliorer la fonction. La préparation et la rééducation contribuent au résultat. Une prothèse ne reproduit pas exactement toutes les sensations d’un genou naturel. Infection, thrombose, raideur, douleurs persistantes et usure ou descellement de l’implant font partie des risques discutés.
Prothèse totale sur mesure Symbios ORIGIN® CR
Pour les prothèses totales de genou, le Dr Alexandre Journé utilise des implants sur mesure Symbios ORIGIN® CR lorsque cette solution est adaptée au bilan. À partir d’un scanner, une modélisation tridimensionnelle permet de planifier l’intervention et de concevoir des implants adaptés à l’anatomie du patient.
La version CR (« cruciate-retaining ») est conçue pour conserver le ligament croisé postérieur, qui contribue à la stabilité et au mouvement du genou. Cette conservation nécessite un ligament fonctionnel et un équilibrage adapté ; elle est confirmée au cours de l’intervention. Elle ne signifie pas que le ligament croisé antérieur est conservé. Le sur-mesure ne garantit pas, à lui seul, un résultat supérieur pour chaque patient.
Plastie du MPFL
Le MPFL, ou ligament fémoro-patellaire médial, freine le déplacement de la rotule vers l’extérieur. Sa reconstruction utilise un greffon tendineux pour restaurer cette stabilisation, notamment en cas d’instabilité rotulienne récidivante.
Le bilan recherche les facteurs osseux associés : une plastie isolée ne corrige pas toutes les anomalies d’alignement. Elle peut être associée à une transposition de la tubérosité tibiale. Chez l’enfant, la technique doit respecter les cartilages de croissance. La rééducation vise à récupérer mobilité, force et contrôle du genou ; une raideur, une douleur ou une récidive restent possibles.
Transposition de la tubérosité tibiale selon Elmslie-Trillat
La tubérosité tibiale antérieure est le point d’attache du tendon rotulien. La technique d’Elmslie-Trillat déplace cette insertion vers l’intérieur, par une ostéotomie, pour corriger une traction excessive de la rotule vers l’extérieur. Le fragment osseux est fixé, habituellement par des vis.
Le geste est planifié à partir du bilan de l’appareil extenseur et de l’alignement. Une plastie du MPFL peut être associée. Un abaissement de la tubérosité en cas de rotule haute constitue un geste complémentaire distinct, discuté selon les mesures. Cette chirurgie osseuse tient compte de la maturité squelettique. Les consignes d’appui et de flexion protègent la consolidation ; une gêne des vis ou un défaut de consolidation sont possibles.